Texte Libre

Une page pour vous raconter notre vie à Toubab Dialaw, petit village de pécheurs au Sud de Dakar - Sénégal.

A vous de le faire vivre aussi avec des commentaires, des ajouts, etc.

Bonne lecture

Emilie et Julien

Nos aventures

Jeudi 13 mars 2008 4 13 /03 /Mars /2008 15:15

Ca commence par ... le petit déj'... sur la terrasse avec vue il est 8h20 environ...
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Julien va chercher le pain chez Mohamed, à la boutique voisine.
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Puis départ pour l'Ecole des Sables. 10 minutes de marche, il est 8h50... Dés que je sors je croise mon pire ennemi: le chien le plus dégueu que je connaisse qui pollue mes nuits par ses aboiement et me suit le matin couvert de bêtes, blessé, saignant parfois... mais il est tellement faible et craintif que je ne crains rien...
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j'avance donc... et là je croise un paquet de gens: les jeunes soudeurs de l'atelier de menuiserie métallique, les gardiens des villas démesurées du quartier et ce sont les premiers:
" a Salamaleykoum" de la journée
à quoi on répond
"Maleykum Salam"
puis 
_Madame Zulien! Nanga def?
_Manguifirek
_Naka subasi?
_jam rek
_ana sa jeker?
_Mungui kergui
_Anawa ker germaine?
_ça va ça va

En suite je croise Oumar, mon pote vendeur de ciment, fan de Hip Hop, très drôle et très sympa:
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_Aaah Drienke! nanga def? 
_ça va ça va, et toi? 
_Manguifi rek
_et ta femme?
_aah elle est pas là, elle est partie à Touba pour le magal
_ah oui mais c'était y a 10 jours qu'est ce qu'elle fait maintenant, elle t'a abandonné?
_aaaah Emilie... que Dieu ne t'entende pas det!

Bon je continue ma route, parce que les 10 minutes sont passées
et je tache de ne pas me perdre au milieu du labyrinthe des constructions qui s'étendent à perte de vue vers la brousse...
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Je slalome au  milieu du troupeau de zébus des Peuhls du village et de leurs chêvres dont la nourriture essentielle est composée de.. sacs de ciment!

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Arrivée à l'Ecole des Sables, avec un peu de retard je dis bonjour à tout le monde et m'installe à mon bureau...
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Vers 11h c'est pause "Nescafé fait maison" collective, accompagnée des fameux biscrem les biscuits sénégalais dont la tranche de chocolat centrale ne fond jamais!!!
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A 13h30 repas: Julien nous rejoint et on va soit chez Aram et Ismaël les gardiens du Centre avec l'équipe... 
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soit s'il y a du monde au Centre, on mange au restaurant avec tous les danseurs présents...
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Parfois petite sieste dans une chambre du Centre. 
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Puis retour au bureau au son des percussions. On tape en rythme sur notre clavier, ce qui nous oblige à faire une petite pause pour aller voir un peu ce qui se passe dans les salles de danse. Voir qui fait cours, qui danse bien, qui danse mal, quelle est cette nouvelle danse traditionelle enseignée... etc., etc.
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Parfois dans la journée, Awa la belle Peuhl vient faire son commerce de lait caillé. J'ai dû arrêter ça il y a quelques mois pour cause de grossesse mais c'est très bon, un peu comme de la faisselle...  avec le goût de la terre en plus ! hmmm...
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Puis retour à la maison, soit à pied soit dans le bolide de Didier.

Arrivée à la maison, prise en flagrant déli de Julien qui joue au Go... ou au piano. 

M. Tine, un des instits du village vient à la maison pour voir s'il n'a pas reçu des mails... on lui a fait une adresse sur gmail et il reçoit quasi exclusivement des mails de Julien...  Comme ça s'il a une question ou un commentaire à faire il est tout proche et a la réponse instantanément... c'est le tchat à la sénégalaise!

Après ça, il est temps, quand il fait très chaud, de descendre à la plage pour se raffraichir.
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Puis arrosage du jardin et chouchoutage des courgettes par Julien... on espère en manger une avant notre départ... c'est pas sûr sûr!!
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En guise de récompense on s'offre un petit apéro: noix de cajou - cacahuètes locales (délicieuses: certains d'entre vous peuvent en témoigner) accompagnées de la belle Gazelle pour les alcoolisés ou du jus de mangue pour les autres. 

Avec, en bruit de fond "Couleu' - Couleu' - Couleu' Twopicale!" Une emission de musique sur RFI avec un bon programme un jour sur deux, mais quand c'est pas bon, c'est vraiment pas bon... heureusement c'est Manu Dibango qui fait la voix des jingles: 'Nous wevenons apwés les info'mations"... rien que pour ça, ça vaut le coup... le tout diffusé par notre fidèle poste de radio... petit mais costaud!
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Viens le temps du repas... si Assane notre pêcheur-plongeur personnel est venu nous rendre visite on mange des langoustes (quand c'est fête), des bulots, des moules (énoooormes)
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ou bien du poisson, que Julien nous fait griller sur son barbecue improvisé en plein milieu du chemin dans le jardin. 
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Ou alors si on n'a pas d'inspiration et que le frigo est vide on se déplace jusqu'au "FAST FOOD de Ndiongop" , environ 50m à droite en sortant, où notre grande et fameuse Binta Nationale nous préparera un hamburger ou un poulet grillé en moins d'1h30... si y a pas trop de monde... Inch'Allah!
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La journée s'achève... et comme diraient certains: le Sénégal? Ouuuh c'est duuur det!

Par Julien et Emilie - Publié dans : Nos aventures
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Mardi 18 décembre 2007 2 18 /12 /Déc /2007 19:59


Aller à Dakar, c’est pénible et long. Aller à Dakar, c’est fatigant. Quand on va à Dakar, c’est qu’on y est obligé, ou presque. Mais aller à Dakar est toujours source de surprises…

 

Jeunes futurs parents expatriés que nous sommes, nous avons pris la route de Dakar pour la visite mensuelle chez la gynécologue dégotée quelques jours plut tôt par le papa oisif à demeure de profession (plus pour longtemps, enfin, n’y pensons pas…).

Pour rentabiliser le déplacement, nous avons couplé ça avec le concert de Tiken Jah Fakoli au CCF en centre ville. Et on a bien fait d’y aller car on ne risque plus de le voir au Sénégal. Le lendemain du concert, il a été déclaré « persona non grata » et donc interdit d’entrer et de sortie du territoire (lire l’article suivant : http://www.afrik.com/article13154.html). Deux choses ont irrité les oreilles de son Excellence Maître Adboulaye WADE. La première est le fait qu’il demande au président de « quitter le pouvoir », titre d’une des chansons adressée à la quasi-totalité des présidents africains et adaptée aux couleurs du Sénégal pour l’occasion. Le second crispement présidentiel a été causé par une petite boutade en référence au fiston WADE convoqué devant le parlement pour s’expliquer sur quelques contrats… Laquelle convocation avait été jugée nulle et non avenue par le papa.

Ah ! Ces artistes engagés, ils n’ont définitivement pas le sens des valeurs familiales africaines…

En tout cas le concert déménageait et l’ambiance était chaude…

 

Le lendemain, nous avons trouvé notre chemin pour le rendez-vous, et, en soit, c’était une petite victoire. Vous comprendrez un peu plus loin, en quoi circuler à Dakar peut-être quelque peu « déroutant ».

Bon, le rendez-vous a été reporté à l’après-midi, mais il faut avouer que deux victoires successives en moins d’une heure eut été inespérées même pour le plus fin stratège sénégalais…

On a eu l’occasion de revoir rapidement à l’écho notre futur bébé. Son visage, ses p’tites mains, ses p’tits pieds… bon d’accord tout est petit à ce stade, d’accord, mais j’ai bien le droit de m’émouvoir un peu, non ? Enfin, bref, nous voilà rassurés, tout va bien et on a trouvé quelqu’un pour suivre la grossesse jusque fin mars.

 

Le reste de l’après-midi se déroula tranquillement à faire quelques courses. Vers les 16h30, les vents nous indiquèrent qu’il était temps de hisser les voiles et de rentrer au port. Malheureusement, en dépit de cette métaphore, la route fut terrestre, et les ennuis commencèrent. Après un premier demi-tour pour cause d’immobilité perdurante, nous avons rejoint l’« Autoroute ». Nous nous croyions victorieux de ce changement de cap. Bien vite, nous déchantâmes. Nous voici non plus sur deux files contre une sur une 2X1 voie mais à six files contre deux sur une 2X2 voies. Inutile de préciser que dans ces conditions, les deux files les plus à gauche étaient en fait à contre sens sur la file d’en face…

Me sentant pousser des ailes devant l’adversité, et malgré une désapprobation raissonesque appuyée, je décidai une seconde fois de faire volte-face et de rentrer dans un charmant quartier nommé Collobane. Je passe sur la traversée de l’autoroute, cette échappée s’offrant à nous par la gauche…

Ce petit crochet nous permit de faire un peu de tourisme dans Dakar et de visiter un charmant marché populaire. Là, l’embouteillage automobile céda sa place à l’embouteillage humain. Petite sensation d’oppression. Nous arrivâmes à nous extirper tant bien que mal du marché pour revenir, circulant à l’aveugle, sur…. L’autoroute. Oui, bien sur, nous voilà avancés de 500m environ par rapport à tout à l’heure, avec un handicap d’environ 50m car il nous fallait retraverser l’autoroute. Evidemment, après un « ha, mais c’est le même pont que tout à l’heure ? », je sentis que j’avais perdu toute crédibilité aux yeux de mon co-pilote. Heureusement, le co-pilote n’étant enceinte que de trois mois, cela épargna à un enfant de relativiser trop précocement l’image d’un papa parfait. Bon, en même temps un rapide calcul mental me permis d’estimer notre position plus objectivement : 6files x 12voitures/100m x 5 = 360 voitures grillées ; pas mal ! Cela me redonna un soupçon d’optimisme fort à propos pour les deux ou trois heures qui nous attendaient, mais…

 

...coup de théâtre, on change toutes les règles du jeu : on inverse les sens de circulation ! Oui, oui, on change le sens de circulation de l’autoroute. Comment ça, ça ne vous est jamais arrivé ? Hé, à Dakar, c’est tous les soirs entre 17h et 17h30, si vous avez l’occasion, passez donc.

En fait, le soir, ils ouvrent les deux voies dans le même sens (sortie de Dakar). Ca fait un peu drôle au début de prendre la file d’en face, surtout qu’il reste encore les quelques voitures à contre sens et qu’un flot de six files de voitures se sent libérer sur cette portion d’autoroute en travaux (ce dernier détail n’est pas anodin…). Enfin, voilà donc mon soupçon d’optimiste transformé en formidable élan libératoire et le reste du trajet ne fut qu’une partie de plaisir (= éviter les piétons sur la route de nuit).

 

Et pour finir ce conte moderne  et urbain : ils ne se marièrent pas mais eurent beaucoup d’enfants… (cette dernière partie de l’histoire est en création).

Par Julien et Emilie - Publié dans : Nos aventures
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Jeudi 6 décembre 2007 4 06 /12 /Déc /2007 10:00
Petite présentation de l'école primaire du village.
C'est là que Julien vient s'occuper de la bibliothèque une à deux fois par semaine.


















Voici les locaux

 quelques élèves, dont Ibou (avec le boubou bleu) qu'on aime bien et qu'on connait bien surtout

les scouts dirigés par mon collègue Paul qui, soit dit en passant, est catholique (au T shirt noir) et s'occupe d'un groupe composé à 100% de musulmans... sont pas trop sectaires

la salle de classe de M. Thine, qui est aussi le prof de Wolof de Julien et son élève en informatique

et le clou: les filles qui font le ménage... dés leur plus jeune âge ils sont bien orientés dans la répartition des tâches ménagères...

L'école compte 6 classes du CE1 au CM2. Il y a un niveau qui compte deux classes pour un seul professeur...
Les élèves sont au moins 50 par classe.
Il y a un terrain de foot qui n'est pas utilisable car il n'est pas droit donc trop dangereux. Il y a un puit. Il y a aussi une clôture (ce qui est rarement le cas) et des arbres. Aux récrés des femmes du village viennent vendre des jus dans des petits sacs en plastique, des cacahuètes ou bien des morceaux de pastèque et des mangues.
Quelle que soit l'heure à laquelle on va à l'école, les maîtres sortent de leur classe viennent nous serrer la pince, discutent, prennent des nouvelles, en laissant leur 50 élèves dans leur classe seuls, sous l'autorité de l'un d'entre eux.
Les scouts comptent aider l'école à se munir d'un terrain de basket et de hand. Ils préparent donc un blog pour présenter les projets et commencent la recherche de fonds.

On a été chargés avec Julien de taper la liste des enfants de chaque classe pour les professeurs... et c'est très amusant car ils s'appellent tous pareil, on a donc des situations amusantes dans certaines classes avec Ndeye Fatou Diop, Ndeye Fatou Diop II, Ndeye Fatou Diop III, Mamadou Ndiaye I, Mamadou Ndiaye II, etc.

Pour les enfants de moins de 7 ans il faut aller au "jardin d'enfants" qui existe grâce à l'initiative d'une jeune femme d'un village voisin. Elle a tout fait toute seule, elle a même construit les premières toilettes au début avec ses petites mains. Le chef de village n'a jamais donné un centime, ni la région ou le gouvernement. Les parents doivent payer pour inscrire leurs enfants dans cette école maternelle. Le montant est à peu près dérisoir pour nous: environ 10 euros de droit d'inscription puis dans l'idéal, 2 euros par mois... Mais bon tout le monde ne peut pas se le permettre quand on gagne 45 euros par mois et qu'on a 7 enfants...
Quelques toubabs financent donc les frais d'enfants dont les parents ne peuvent pas payer ou bien ils donnent directement de l'argent à Awa, la directrice, pour qu'elle se paye, elle ou les autres maitresses, puisqu'elle ne met pas dehors les enfants des parents qui ne payent plus.

D'autre part, les gêves ne sont pas la chasse gardée des Français, ici les professeurs/instituteurs (qui gagnent environ 70 euros par mois) font souvent grêve pour obtenir le paiement de leurs salaires... perturbant très fortement la scolarité des enfants qui l'année dernière n'ont pas eu classe pendant parfois plusieurs semaines.

Allez, fini de raler OK?
Par Emilie - Publié dans : Nos aventures
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Mercredi 3 octobre 2007 3 03 /10 /Oct /2007 13:22
Juste pour le plaisir, voici quelques photos de danse pour vous donner de l'énergie pour le reste de la semaine. 
Ci dessous, Saky au premier plan, danseur de la compagnie Jant-bi (pour laquelle je bosse), enseigne une danse traditionnelle de Côte d'Ivoire, Olé!

Funeka, stagiaire d'Afrique du Sud, fait une présentation des danses de guerriers. Le sol est en sable, on est dans la salle "Ker Aloopho", du nom de la grand-mère de Germaine, prétresse Yoruba...


Retour dans la salle Henriette, sol normal, avec Nora Chipaumire, du Zimbabwe et vivant à New York, grande danseuse et chorégraphe qui enseigne de la danse contemporaine africaine.


Idem...
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Nous avons ci-dessous une autre "grande" danseuse d'origine française, assez bien entourée n'est-ce pas, et  en plein travail chorégraphique... ses accompagnateurs sont Boukson du Burkina et Bayo du Nigeria...



Un peu de verdure... quand la lagune avait encore de l'eau. Ce que vous voyez là c'est la panorama qu'on a depuis une des salles de danse... Germaine à l'habitude de dire qu'elle a la plus belle salle de danse du monde... difficile de la contredire, non?


Séance d'improvisation dans la nature...

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Shayna, la sud-africaine et Bayo le nigérian en improvisation....



Et enfin représentation sur la plage. Avec la chorégraphe australienne Elisabeth Dalman... elle déchiiiire!
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Le tout sous l'oeil attentif de la grande Germaine Acogny et de la danseuse de tout à l'heure....
Par Julien et Emilie - Publié dans : Nos aventures
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